06/06/2015
6 juin 1915
Nous quittons le 15e corps et nous ferons partie prochainement du 5e ; nous laisserons également notre vieille tenue “pantalon rouge” de glorieuse mémoire ; désormais nous serons vêtus d’une tenue bleu horizon qui devra faire toute la guerre.
Nous abandonnerons Avocourt et ses tranchées où pour la dernière nuit passée en sentinelle, il m’est arrivé l’aventure suivante : nous avions gagné notre petit poste avancé, quatre hommes et moi ; derrière, la tranchée ou veillent les camarades et le lieutenant Dupart . A plat ventre dans les hautes luzernes, la tête seule émergeant, nous fixions la tranchée ennemie ; calme profond, seulement troublé par le passage au-dessus de nos têtes des obus qui vont harceler la ligne arrière.
Soudain, à ma droite, un de mes hommes a poussé un cri sourd de : “Halte-là”. J’aperçois une ombre qui vient vers nous ; je me précipite, prêt à tirer ; mais la réflexion immédiate me suggère qu’il est préférable d’employer la baïonnette qui, elle, ne fait aucun bruit ; je vais frapper lorsque je reconnais avec horreur le lieutenant Dupart, qui, très content, “rigole” en silence.
C’est égal, à ce moment-là, j'ai eu une émotion, car une seconde plus tard....

prochaine note: 7 juin
06:00 | Tags : première guerre mondiale, argonne, tranchées, 1914-1918 | Lien permanent | Commentaires (0)


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